Flux poussé ou tiré : quelle stratégie adopter ?

Par Justine Demarque , le août 5, 2022
logisticien qui fait l'inventaire des colis en carton
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Concevez-vous votre activité sans penser une seconde à l’efficacité ? Bien sûr que non. Quel que soit le secteur d’activité dans lequel on œuvre, l’efficacité est un point essentiel dans la production. Pour y répondre, deux méthodes existent, à savoir la production à flux poussé ou alors à flux tiré.

Ces deux stratégies répondent à des besoins différents. Dans ce cas, laquelle choisir pour votre activité ? Laquelle apportera le plus d’efficacité pour vous ? Découvrons ensemble les caractéristiques de chaque stratégie dans cet article. Nous vous présenterons également quelques exemples afin de vous aider dans votre choix.

Flux poussé : définition

Commençons par entrer dans le vif du détail de chacune de ces stratégies. La méthode de production dite “à flux poussé” ou également appelé “push” est un système de production dans lequel on produit sans se soucier de la demande de la clientèle. En d’autres termes, même si à l’instant de la production, le client n’a pas encore formulé un besoin particulier, on produit quand même. 

En flux poussé, l’entreprise fait beaucoup d’estimations. Elle doit anticiper les attentes et les besoins pour estimer le volume de production. À partir de ceci, l’entreprise procède à des calculs pour le stock de matières premières, de produits intermédiaires et de produits finis. 

Dans ce système de flux poussé, l’entreprise a toujours du stock. C’est intéressant, car le client n’aura pas à attendre des semaines, voire des mois, pour recevoir le produit commandé. 

Cependant, l’entreprise engage de l’argent et de la trésorerie avec l’achat de matières premières, le paiement des salariés assurant la production et l’utilisation des matériels de production. Elle doit faire des calculs au plus juste pour ne pas tomber dans un gros volume de matières premières ou dans la surproduction qui pourrait engendrer d’importantes pertes.

Flux tendu : définition

Si d’un côté, on a le flux poussé, de l’autre, on a le flux tiré ou « pull ». Cette méthode de production, quant à elle, commence au moment d’une nouvelle commande de client. Dans ce système de flux tiré, l’entreprise part de la demande réelle des clients pour acheter des matières premières nécessaires à la conception du produit. 

L’entreprise se limite donc à la quantité de matières premières dont on a besoin pour fournir la quantité de produits demandée. Pour cette production à la demande du client, l’entreprise profite de nombreux avantages. 

Si vous adoptez le flux tiré, inutile de constituer des stocks. En effet, stocker un grand nombre de matières premières ou des produits finis est inefficace pour cette méthode de production qui fonctionne à la demande. Cela présente ainsi une réduction de charges de production. 

Précisons tout de même qu’il existe un stock dans cette méthode. La raison est qu’il y en a assez, mais très peu, ce qui permet une production « juste à temps ». Elle permet une gestion de stocks optimisée et une minimisation de la durée de production tout en évitant la surproduction et le gaspillage.

L’entreprise ne tournera donc que s’il y a des commandes, ce qui est quand même risqué. Dans ce cas, on peut opter pour le flux tendu.   

Comment les différencier ?

« Poussé » ou « tiré » sont tous les deux des processus de production. Ils se distinguent par l’instant où la production est enclenchée.

    • Pour la production poussée, la production commence bien à l’avance, autrement dit, même s’il n’y a pas de commande réelle.
    • Pour la production tirée, on ne commence la production que lorsqu’il y a une commande réelle.   

Ce sont deux systèmes bien différents qui présentent chacun des avantages et des inconvénients. Si une entreprise a réussi en adoptant le flux poussé, le résultat peut être différent, si vous l’adoptez. En effet, vous pouvez avoir des cibles différentes, et les attentes de votre produit sont sûrement propres à votre activité. Avant de se décider sur la meilleure stratégie, il faut prendre en compte ces avantages et ces inconvénients du flux poussé et du flux tiré.

Flux poussé : avantages et inconvénients

Avec le flux poussé, on produit en gros volume. Ceci fait alors que le coût de production d’une unité est vraiment réduit a minima. L’entreprise peut par exemple se permettre de commander en grande quantité les matières premières et de négocier un bon prix auprès du fournisseur. 

Par la suite, elle peut adapter son système de production. Ainsi, elle pourra assurer la satisfaction de la demande auprès de ses clients. Ces derniers n’auront d’ailleurs pas à attendre la livraison des produits, car il y en a toujours en stock.   

Même si la stratégie poussée vous semble intéressante, vous devez prendre en compte ses inconvénients. En effet, une erreur de calcul dans les estimations peut entraîner une rupture de stock. Autrement dit, l’entreprise fera face à une demande plus élevée que ses prévisions de vente. Le risque de surproduction est également bien réel, car il peut arriver que le volume de production soit plus important que la demande estimée.

Découvrez également : Comment réduire le risque de rupture de stock ? 

Les avantages et inconvénients du flux tendu

Si vous avez vraiment peur de cette surproduction, tournez-vous vers le système tiré ou au flux tendu. Vous devez tout de même comprendre qu’avec cette stratégie, on ne peut plus réellement parler de réduction de coût de fabrication. Cependant, vous pouvez profiter d’une réduction des coûts de stockage.

Cette stratégie permet de répondre aux réels besoins du client. En effet, elle permet la personnalisation du produit, ce qui représente un avantage non négligeable face à la concurrence. C’est ce flux tiré qui est aussi la meilleure stratégie pour les entreprises voulant réduire leur impact environnemental dans le système de production.   

Vous devez comprendre qu’avec ce système, le temps de production est plus allongé. Du côté des clients, ce n’est pas toujours compréhensible, car ils ont besoin du produit dans les jours qui suivent leurs commandes. 

Cette stratégie est donc complexe à gérer, car l’entreprise est dans l’obligation d’en informer le client. Ceci peut pousser le client vers la concurrence. Comme on ne produit pas en masse, on ne peut pas non plus faire des économies d’échelle, ce qui est un des inconvénients du flux tendu.

Comment adopter une stratégie push et pull logistique ?

Si vous choisissez d’instaurer la stratégie push au niveau de votre logistique, vous devez prévoir un plus grand espace de stockage. Ceci implique également une bonne organisation à l’entrepôt. En effet, pensez à bien optimiser chaque mètre carré pour éviter de devoir prendre un entrepôt supplémentaire pour stocker vos produits finis, semi-finis et vos matières premières.   

Une logistique flux tendu nécessite une bonne préparation des commandes. Cette dernière doit être à la fois rapide et efficace pour ne pas faire attendre le client ou la ligne de production une journée de plus. Pour ne pas vous perdre, munissez-vous d’un logiciel de gestion d’entrepôt.

Découvrez également : Préparation des commandes : comment en faire un facteur clé de réussite ? 

Exemples d’application du système push et pull

Comment nous l’avons mentionné précédemment, le type de produits influe fortement sur la prise de décision. En effet, pour certains produits, il est préférable d’adopter le système push. C’est le cas de marchandise, dont la production prend plus de temps par exemple. Dans ce cas, répondre à temps à la demande formulée instantanément sur le marché est plus difficile. 

Par exemple, c’est ce flux poussé que choisissent les acteurs de la production agricole. Ils ont besoin de plusieurs semaines, voire des mois pour se développer. Face au cycle de la nature, ils ne peuvent rien faire et lorsque le produit est prêt, ils se doivent d’aller vers la clientèle.

Adopter le système de flux poussé est également judicieux pour les produits à forte saisonnalité. C’est ce que font les chocolatiers pendant les évènements comme Pâques ou Noël.

Découvrez également : Comment relever les défis du transport de chocolats ? 

Inversement, pour un grand nombre d’entreprises de services, c’est la stratégie pull qu’on privilégie. Ainsi, elles ne créent le service que lorsqu’il y a une demande. C’est le cas des services de soins par exemple. 

Pour un produit avec un coût de production élevé, on peut se permettre de rester sur le système tiré pour ne pas augmenter encore plus ce coût de production et pour répondre de manière sur mesure aux demandes de la clientèle.   

Précisons tout de même que certaines entreprises sont des cas exceptionnels. C’est le cas des entreprises de transport public par exemple. En effet, ces entreprises fonctionnent davantage avec la production poussée. Elles annoncent un itinéraire prévu à l’avance, et même si toutes les places ne sont pas prises, elles effectuent l’itinéraire.   

Flux poussé ou tiré : est-il possible de les combiner ? 

À la vue de ces situations, on peut se demander s’il est possible de mixer les deux stratégies. La réponse est oui, on peut combiner le flux poussé et le flux tiré dans une même production. Dans ce cas, on parle de production hybride

C’est ce que font certains fabricants de meubles. Ils font une préfabrication de mobilier et c’est seulement lorsqu’une commande arrive qu’on termine la production en assemblant les panneaux, en les recouvrant ou en les peignant. En un court laps de temps, ce système de production permet à l’entreprise de répondre aux besoins spécifiques du client.  

Bien que la production hybride possède ses avantages, le fait d’osciller entre le flux tiré et le flux poussé peut rendre l’organisation de la production complexe. Pour faire le bon choix et adopter la meilleure stratégie de production, il est essentiel de se référer au produit ainsi qu’à la demande de celui-ci. La recherche d’efficacité dans la supply chain se pose à tout instant. Pour vous aider à cibler les améliorations possibles, effectuer un audit logistique est très avantageux. Pour ce faire, retrouvez comment faire un audit logistique optimal dans ce guide

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